Février 2013 : Direct Energie toujours intéressé par Hambregie ???

Pont sur Sambre

Centrale de Pont sur Sambre

Selon une récente déclaration du groupe, nouvellement nommé POWEO DIRECT ENERGIE, dans les pages du Républicain Lorrain, le projet Hambregie serait toujours d’actualité… ou plutôt (nuance ?) les intéresserait toujours. Pourquoi une telle déclaration aujourd’hui ? Et comme par hasard, le même jour où Mme la Sous-Préfète en profite pour reparler du projet dans le cadre de ses « perspectives économiques » pour le secteur de Sarreguemines.

2013_02_07_RL_Direct_Energie_Poweo_reste_branche

2013_02_07_RL_ Economie_des_signes_positifs_et_des_perspectives

Sans doute, est-ce là la conclusion de l’entretien que l’ADPSE a eu en novembre dernier avec M. le Préfet et Mme la Sous-Préfète ; entretien à l’issue duquel M. Meddah souhaitait organiser une rencontre avec Poweo Direct Energie et l’ADPSE afin de leur demander si le projet les intéressait toujours, ainsi que le cas échéant les concessions/modifications qu’ils seraient prêts à faire. Relire notre article… L’ADPSE ayant donné son accord de principe pour cette réunion, faut-il en conclure qu’il n’en était pas de même pour le producteur d’électricité ?

Côté rencontre ? RIEN

Côté réponses ? Ce communiqué laconique dans la presse locale avec une déclaration qui a le mérite de ne pas coûter cher et qui fait certainement plaisir aux « copains du coin » !

Et de faire ressurgir le vrai sujet qui fâche, l’argent ! Car ce communiqué a de quoi surprendre. Alors que les études et les rapports parlementaires, ainsi que les déclarations des professionnels de la branche se multiplient pour expliquer que « les producteurs ne sont plus sûrs (et le seront sans doute de moins en moins) de rentabiliser leurs investissements» (Commission d’enquête sur le cout réel de l’électricité, Sénat-juillet 2012), et « aujourd’hui, aucun énergéticien n’est capable d’investir dans la filière thermique en Europe » (Extrait rapport de la commission du Développement Durable et de l’Aménagement de l’Assemblée Nationale – Jean-François Cirelli, vice-président de GDF-Suez).

Lire l’extrait du rapport de la commission d’enquête du Sénat sur le coût réel de l’électricité, paru en juillet 2012 : 2012_07_11_Extrait_Rapport_senat_cout_electricite

Lire l’article du journal Les Echos paru en novembre 2012 : 2012_11_13_Les_Echos_EDF_brave_les_doutes_sur_les_centrales_au_gaz

Lire l’extrait du rapport de la commission du développement durable et de l’aménagement de l’Assemblée Nationale de décembre 2012 : 2012_12_11_Extrait_commission_dev_durable_et_de_l_amenagement_ass_nat

 

Le comble c’est que Poweo possédait trois centrales à Pont sur Sambre (Nord), à Blaringhem et à Toul. Le 1ER projet a été placé en procédure de sauvegarde l’an passé (pertes de près de 10 millions d’euros par an – relire notre article), alors que les projets de Blaringhem et Toul ont été achevés mais ne fonctionnent pas ou peu. Poweo ayant besoin de cash a revendu ces unités au groupe autrichien Verbund, mais en prévoyant dans le contrat une clause d’option de rachat valable jusqu’en juin 2013.

Entre temps comme s’en félicite Direct Energie dans son communiqué, les deux anciens concurrents fusionnent. Lire leur communiqué ici. Ensemble, on pouvait imaginer qu’ils lèveraient l’option Verbund pour devenir immédiatement propriétaire de 3 unités de CCG.

Et bien non ! TROP CHER. Tiens donc ! Dans leur communiqué du 23 octobre le groupe (le communiqué a disparu de leur site cette semaine !) a « indiqué renoncer à exercer ses options d’achat » (source : Les Echos)

Toujours selon le groupe :

« Cette évolution n’a aucun impact sur la trésorerie et permettra de donner une image plus lisible de l’activité du nouveau Groupe. » (source : BFM)

« En effet, les sociétés Poweo Pont-sur-Sambre Production, Poweo Toul Production et Poweo Blaringhem Production ne seront plus consolidées au sein du Groupe Poweo Direct Energie, les comptes consolidés n’intégrant donc désormais plus la dette et les pertes opérationnelles associées à ces différents projets, propriétés de Verbund depuis février 2011. » (source : BFM)

A en croire leurs dires dans le RL, ils préfèrent donc s’attacher à 3 unités hypothétiques (2 à Hambach et 1 à Landivisiau en Bretagne) qu’à 3 unités terminées et disponibles ! Surprenant ! A croire que « l’occaz » coûte plus cher que le neuf pour les centrales !

Surprenant aussi que leur intérêt pour Hambach n’ait pas dépassé les pages du Républicain Lorrain local. Aucune trace de ceci, ni sur le site de Direct Energie (alors qu’ils y parlent du projet breton), ni dans la presse nationale.

Que faut-il comprendre ? A Landivisiau en Bretagne, le projet peut revêtir un intérêt particulier par rapport à celui de Hambach, pour la société. D’abord, il est 2 fois moins puissant et donc moins coûteux, mais surtout il a un attrait particulier car l’Etat, qui avait lancé un appel à projet pour renforcer le réseau breton de distribution d’électricité, s’est engagé sur une sorte de « prime à la production » de plus de 40 millions d’Euros par an, soit 800 millions sur 20 ans ! Bonus qui s’ajoutera aux prix de vente élevés de l’électricité lors des périodes de pointes de consommation. Une manne qui peut attiser l’appétit quand les autres producteurs n’arrivent pas à rentabiliser leurs unités de production à gaz.

Lire l’article de Mediapart sur le sujet polémique ici : 2013_02_08_Médiapart_Un_projet_de_centrale_a_gaz_en_Bretagne_suscite_la controverse

A Hambach, rien de cela, alors être intéressé a au moins le mérite de ne pas coûter très cher et de pouvoir légitimer publiquement deux recours en appel.

A suivre.