Juin 2012 : L’actionnaire principal de Direct Energie placé en garde à vue.

Quand l’affaire Bettencourt rejoint l’affaire Hambregie… Stéphane Courbit en garde à vue

Rien ne va plus pour le jeune golden boys ami de l’ancien Président de la République. Si celui-ci fêtait il y a cinq ans le résultat de l’élection présidentiel de 2007 parmi le cercle privilégié des invités du Fouquet’s, les écueils semblent se succéder en 2012.

Nous suivons depuis de nombreux mois l’évolution de l’actualité de Direct Energie et étions informés de difficultés financières. Nous ne pouvons éviter de nous interroger sur le lien possible entre l’absence de plan de financement de Direct Energie pour Hambregie et les difficultés financières de Stéphane Courbit. Une partie de l’argent « obtenu » de Madame Bettencourt était-il destiné à constituer sa part des 30 % d’apport annoncés pour le projet ? Il en faut sans doute moins que ça pour décourager des banquiers de financer les autres 70 %…

Voir ces extraits de la presse sur le sujet :

Par Les Echos | 11/06 |

L’homme d’affaires Stéphane Courbit et l’avocat Pascal Wilhelm, ex-mandataire de Liliane Bettencourt, ont été placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête pour abus de faiblesse sur l’héritière de l’Oréal.

AFP/François Guillot

L’homme d’affaires Stéphane Courbit et l’avocat Pascal Wilhelm, ex-mandataire de Liliane Bettencourt, étaient en garde à vue lundi matin à Paris, dans l’enquête sur un abus de faiblesse au détriment de l’héritière de L’Oréal, a-t-on appris de source proche du dossier.

Les juges d’instruction bordelais s’interrogent notamment sur les conditions dans lesquelles l’héritière de L’Oréal a investi 143 millions d’euros dans le groupe de M. Courbit en mai 2011. Cette transaction, un investissement de 20% dans LOV Group, a été réalisée en mai 2011, quelques mois avant le placement sous tutelle de l’héritière de L’Oréal, par l’entremise de son gestionnaire de fortune d’alors, Me Pascal Wilhelm, également avocat de M. Courbit. Me Pascal Wilhelm a brièvement géré en 2011 les intérêts de Liliane Bettencourt, à la suite de Patrice de Maistre, aujourd’hui écroué, et au bénéfice d’un mandat de protection révoqué en octobre par le tribunal de Courbevoie qui a ordonné le placement sous tutelle provisoire de la milliardaire.

Dans un entretien accordé aux Echos en avril, Stéphane Courbit avait indiqué que le remboursement des 143 millions d’euros précédemment évoqué n’était pas effectif à ce jour. Précisant que «120 millions [avaient] d’ores et déjà été utilisés pour accélérer le développement du groupe et renforcer sa structure financière».

Le PDG de Lov Group a récemment affirmé dans «Le Monde» n’avoir «pas parlé» d’argent avec Liliane Bettencourt. «J’aurais été gêné de négocier avec elle (…), question de civilité», a-t-il déclaré. Toutefois, «elle était au courant de l’investissement» dans LOV Group.

 

Lire aussi cet article qui résume bien la situation :

Extrait LE MONDE DU 20 AVRIL 2012

Stéphane Courbit: Lov story

L’histoire avait commencé comme l’un de ces jeux de téléréalité dont Stéphane Courbit, l’ex-patron d’Endemol et fondateur de LOV Group, a le secret. Vous êtes entrepreneur et vous devez convaincre une milliardaire de vous financer. Ce que la production n’avait pas dit à Stéphane Courbit, c’est que la milliardaire, Liliane Bettencourt, était en «état de faiblesse» et que pas mal de candidats étaient déjà passés avant lui. Du coup, depuis, la justice, elle aussi, est passée. La vieille dame a été mise sous tutelle et le «placement» de 143 millions d’euros qu’elle a effectué est devenu suspect.

C’est là que ça se complique pour Stéphane Courbit. Le candidat a dépensé l’argent et est incapable de rembourser Françoise Bettencourt-Meyers, qui gère désormais les affaires de sa mère. Une médiation a été engagée, mais faute d’avoir trouvé un terrain d’entente, le patron de LOV Group annonce, vendredi 20 avril, dans une interview accordée aux Echos, que celle-ci est terminée.

Mauvaise pub pour l’enfant de la télé. Non seulement cette affaire lui donne le mauvais rôle, sur le thème: «il a fait le sac de la vieille», mais, en plus, elle jette une lumière crue sur la marche de ses affaires. Situation inconfortable dans laquelle il doit expliquer dans le même temps qu’il ne peut tenir son engagement à rompre le partenariat financier avec la milliardaire, tout en essayant de convaincre que LOV Group se porte comme un charme.

Direct Energie, dont il détiendra 30% à l’issue de la fusion avec Poweo, sera rentable en 2012. BetClic et Everest Poker seront à l’équilibre au premier semestre. Des promesses, qui sous-entendent que l’un comme l’autre perdent aujourd’hui de l’argent, au grand dam de la Société des bains de mer, que Courbit a entraînée dans son aventure.

Mais si ses affaires ne marchent pas comme il voudrait, c’est la faute des autres: celle du régulateur de l’énergie, du PMU, de la loi en général. Stéphane Courbit serait-il mauvais perdant?

Mi-avril, le jeu s’est un peu plus corsé avec l’entrée en scène de Jean-Marie Messier. L’ex-PDG de Vivendi et aujourd’hui banquier d’affaires a été entendu par la brigade financière pour expliquer comment sa banque avait valorisé LOV Group en vue de l’investissement de Mme Bettencourt, le tout sous l’œil vigilant de Pascal Wilhelm, qui se trouve être à la fois l’avocat de la milliardaire et celui de Stéphane Courbit. De quoi faire encore monter l’audience. Pour reprendre son souffle, le candidat attend avec impatience une coupure publicitaire qui tarde désespérément à venir.