Mars 2013 : centrale Direct Energie-Poweo de Toul, déjà de l’eau dans le gaz

Pont sur Sambre

Centrale de Pont sur Sambre

La centrale Poweo de Toul (446 MW) a commencé à fonctionner depuis peu, et voici déjà un article de l’Est Républicain qui relate ses difficultés.

Pour rappel, Poweo et Direct Energie ont fusionné récemment, et cette centrale est donc exploitée par le groupe. Poweo disposait avant sa fusion avec Direct Energie de 3 unités de CCG. Elle a revendu ces centrales au groupe autrichien Verbund avec une option de rachat à échéance en juin 2013. Le groupe Direct Energie-Poweo a déjà fait savoir qu’il ne lèverait pas l’option de rachat.

 

 

 

L’Est Républicain, Mercredi le 20 Mars 2013 / Ouverture Toul 
 

Il y a de l’eau dans le gaz

Les centrales à cycle combiné au gaz naturel sont une filière récente en France.

Au début des années 2000, alors que le pays misait sur le nucléaire, EDF développait cinq usines de ce type au Mexique. Gilles Card, l’actuel directeur de l’usine Poweo Toul production, participait à l’opération.

Aujourd’hui, le pays compte neuf centrales construites sur le modèle de celle de Toul. Mais elle n’en dénombrera peut-être pas davantage. Car le secteur est sérieusement malmené.

Vendredi dernier, l’usine détenue par Général Electric à Belfort annonçait 115 suppressions d’emplois sur 1.900 postes.

Dans cette affaire, les énergies renouvelables sont les premières pointées du doigt. Une politique nationale subventionne en effet les travaux concernant la pose de panneaux solaires et d’éoliennes, tout en rétribuant plus avantageusement l’électricité produite à partir des éléments naturels.

Du coup, « l’environnement économique est difficile pour les centrales à gaz », relate le président de l’usine Poweo Toul production, Johann Precht. « Les renouvelables ont pourtant besoin d’être équilibrés avec des centrales à gaz ou hydrauliques ! On a grand intérêt à trouver une solution pour quantifier les volumes et les rémunérations ». L’homme ajoute : « Une discussion nationale sur la transition énergétique sera nécessaire, sans quoi la filière est en danger. »

La « cathédrale énergétique » élevée à Toul aurait donc un avenir économique incertain. Tels sont les mots et les craintes du président. A l’amorce du projet, en 2006, rien ne laissait pourtant présager ce retournement de situation.

S. M.