Novembre 2016 : L’ADPSE s’oppose à l’épandage agricole des déchets du Sydème

image-epandageEnquête publique concernant la demande d’autorisation pour l’épandage de digestats issus de l’installation de méthanisation exploitée à Morsbach par le Sydème (57)

 

Suite à l’étude de ce dossier, l’ADPSE  a remis au commissaire enquêteur une contribution au travers de laquelle elle a fait connaître son avis défavorable quant à l’épandage des boues liquides et digestats solides du Sydeme sur les terres agricoles de Moselle-Est.

Cette conclusion s’appuie sur des constats portant tant sur la forme que sur le fond du dossier d’enquête publique.

Sur la forme :

Notre association doit déplorer une absence de transparence du Sydème qui a refusé la transmission de documents publics. Ces documents étaient pourtant des éléments directement liés à l’enquête et mentionnés dans les différents arrêtés préfectoraux. Ainsi outre l’avis du Coderst,  l’avis de l’autorité environnementale n’était pas téléchargeable sur les sites internet mentionnés sur l’avis d’enquête publique. Le Sydème qui était censé répondre aux demandes d’information liées à l’enquête publique, ne les a pas transmis malgré plusieurs demandes par mail.

Cette volonté manifeste d’entraver l’accès à des documents publics est inacceptable dans une procédure d’enquête publique. Le Sydème démontre par cette manœuvre un manque de transparence manifeste. Manque de transparence, qui éveille indubitablement la suspicion à son encontre…

 

Sur le fond :

 

Il s’avère que les digestats que le Sydème désire offrir aux agriculteurs afin qu’ils les dispersent sur les terres agricoles ne peuvent être considérés comme du compost. C’est d’ailleurs leur non-conformité à la norme NFU 44-051 en vigueur pour ceux-ci qui est à l’origine de l’obligation faite au Sydème de procéder à cette enquête publique.

 

Le Sydème devait selon la conception d’origine du site Méthavalor de Morsbach, et selon l’autorisation préfectorale d’exploitation de 2009, produire parallèlement aux « énergies renouvelables » (électricité, chaleur et biocarburant) du « compost de haute qualité ».

 

Le résultat est bien éloigné de l’objectif de départ, car aujourd’hui les digestats produits sont impropres à une valorisation en tant qu’amendements agricoles.

 

Une grande partie des analyses révèlent des teneurs en inertes (plastiques, verres, métaux) supérieures à la norme.

 

De ce fait ce qui devait être du compost est à présent classé en déchet.

 

Les particules de matériaux dits « inertes », encore nommés « impuretés » dans la norme NFU 44-051 sont présents en grand nombre dans les déchets du Sydème. L’analyse du Sydème ne s’attache qu’à donner la teneur pour les plus gros morceaux (> 5mm pour les plastiques et > 2 mm pour le verre et les métaux). Cependant leur impact dans les sols serait à considérer dans leur ensemble, car même de petite taille, ils affectent faune et flore, parfois même de manière plus accentuée.

 

Si le verre ne constitue pas une source de préoccupation majeure quant à son impact dans le sol, il n’en est pas de même pour les autres « inertes » que l’on pourra pour le moins qualifier de mal nommés…

 

Les particules de plastiques sont même plus dangereuses lorsqu’elles sont de petite taille car elles seront ingérées par la faune (ex : lombrics). Et l’ont connaît dans les espaces marins les conséquences désastreuses des petites particules de plastiques qui s’introduisent dans la chaîne alimentaire…

 

Les métaux lourds quel que soit leur taille, ont des effets délétères sur la santé humaine et celle de la faune. Une accumulation dans les sols et une pollution à long terme du fait de multiples épandages, est également à craindre.

Ainsi les « digestats » risquent de contaminer les eaux de ruissellement superficielles et souterraines en s’y infiltrant par percolation. L’impact est susceptible d’être notable pour la ressource en eau.

 

Conclusions :

Aux vues de ces risques pour l’environnement, notre association est tout à fait défavorable à l’épandage de ces déchets sur les surfaces agricoles.

De plus, de nombreuses zones humides fragiles jouxtent des parcelles d’épandage. Ces zones sensibles doivent rester exemptes de ce type de substances.

Enfin, les riverains des 86 communes impactées devront aussi subir les nuisances olfactives importantes des épandages, certains devant se faire à 50 m des habitations. A vos masques !

Malgré le scandale financier justement mis en exergue ces derniers temps, l’ADPSE souhaite rappeler aux contribuables de la zone de couverture du Sydème qu’il est nécessaire plus que jamais de réduire autant que possible nos déchets. Surtout, ne pas se laisser convaincre par des Cassandre qui au contraire considèrent qu’en payant leurs poubelles, ils auraient une sorte de « droit de ne pas trier ».

Pour nos déchets verts, continuons à privilégier le compostage à domicile, l’alimentation de poules chez soi ou chez nos voisins !

Pour ceux qui ne peuvent pas faire autrement, soyons exemplaires dans la sélection des produits devant aller dans les sachets verts. Si aujourd’hui le Sydème subit des avaries notamment techniques, c’est aussi en grande partie dû au tri mal fait de certains. Il n’est pas normal que des tonnes de verres ou encore des piles polluent les déchets verts.

A bon entendeur… bon trieur…