Septembre 2014 : Hambregie nous traîne au Conseil d’Etat

 

DIRECT ENERGIE, entre orgueil et menaces…

Direct Energie n’a visiblement pas l’intention de respecter les décisions de justice…  Et cela malgré 5 jugements rendus par le Tribunal Administratif de Strasbourg puis la Cour Administrative d’Appel de Nancy, au travers desquels sa filiale Hambregie a été déboutée.

Direct Energie s’acharne et porte maintenant le dossier devant le Conseil d’Etat !

Les justifications énoncées par l’article du Républicain Lorrain du 28 septembre sont des plus surprenantes. M. Marcos Perez-Diaz, directeur général adjoint en charge de la production, verrait des avantages de rapidité dans une procédure devant le Conseil d’Etat (sic). Tout est relatif, si on considère que « l’affaire » dure depuis 5 ans déjà et qu’elle pourrait encore durer 2 ans de plus par ce biais !

Ces déclarations ne sont pas plus crédibles que le projet Hambregie. Ces arguments semblent issus d’une bulle de comm’ visant à déstabiliser les citoyens et leur faire croire que c’est Hambregie qui finira par gagner. Ultime menace : « Si on perd, on redéposera une demande de permis de construire et un permis d’exploiter ». Comprendre : quoi que vous fassiez, on va vous la coller, cette centrale !

Mais les menaces ne feront pas la balance ! Pour un projet sérieux, il faut un dossier sérieux !

En l’occurrence celui de Direct Energie ne l’était pas. Et ce ne sont pas des détails de forme qui ont « coincé », comme ils l’ont fait croire à quelques admirateurs locaux naïfs.

L’absence de capacités financière est bien un GROS problème de fond visé par le code de l’environnement. Le législateur a voulu veiller par ce biais à éviter de futurs écueils qui conduisent à des friches industrielles à la charge… des contribuables. Où est là le détail « de forme » ?

La réalité du dossier Hambregie est qu’aucune banque ou organisme financier n’a voulu financer cette société, mais tout au plus « les accompagner dans leur recherche de financement ».

Pourquoi ? Parce qu’elles connaissent la situation actuelle du marché de l’énergie, et en particulier celle très dégradée des centrales gaz qui ferment partout en Europe.

Parce qu’elles savent apprécier la fragilité d’un petit opérateur comme Direct Energie qui ne possède pratiquement aucun moyen de production propre, qui n’a que quelques miettes du marché et qui n’emploie que 300 personnes face aux dizaines de milliers que comptent Edf et Gdf. A cela a pu s’ajouter une certaine méfiance, quand on connait l’actualité du principal actionnaire, Stéphane Courbit qui doit être jugé en janvier 2015 dans l’affaire Bettencourt pour le chef d’inculpation d’abus de faiblesse sur personne dépendante. Il risque de devoir rembourser 142 millions d’euros ainsi que des pénalités à Mme Bettencourt… Pas très engageant !

L’obstination de Direct Energie semble davantage correspondre à une fuite en avant…  La société craint sans doute que, si elle perd Hambregie, ce sera un signal négatif fort pour tous ses futurs projets.

Et puis en jouant la montre ils peuvent aussi attendre des jours meilleurs arrangés politiquement par quelques amis sensibles aux lobbyistes qui demandent actuellement que l’on rémunère les capacités de production, y compris quand elles ne fonctionnent pas !

Plutôt que de s’acharner ainsi sur des projets passéistes, la société serait plus inspirée de s’orienter vers les énergies renouvelables décentralisées.

L’ADPSE ne laissera pas construire une méga-centrale à gaz qui consiste à concentrer les pollutions localement pour servir des marchés très éloignés du lieu de production. Elle poursuivra le combat, sans concession jusqu’au retrait définitif du projet Hambregie.

La bataille est d’ailleurs loin d’être perdue, mais très près d’être gagnée …